SimpleGeo et GeoApi: boîtes à outils de la géolocalisation

Posted on January 6, 2010 by

2010 année des applications de géolocalisation ? Quoiqu’il arrive la géolocalisation (via mobile ou sur le web) fait déjà couler beaucoup d’encre depuis l’année dernière et sera selon Techcrunch et Mashable un des sujets chauds de cette année. Cette tendance est actuellement illustrée par l’affrontement depuis fin 2009 de deux start up prometteuses Gowalla et Foursquare. Sans rentrer dans les détails, ces deux sites proposent des applications mobiles mêlant réseau social, jeux et géolocalisation (les utilisant en ce moment je trouve leur potentiel assez intéressant en termes fun/utilité).

L’action se déroulera non seulement sur scène (Gowalla, Foursquare, mais aussi Twitter qui propose la géoloc et très probablement Facebook dans les mois qui viennent) mais également en coulisses avec SimpleGeo et GeoApi. Pourquoi en coulisses? Car ces deux sites ne sont pas destinés au grand public mais aux développeurs. Leur cœur d’activité est de mettre à disposition des API qui vont permettre à tout un chacun (pour peu que vous ayez des connaissances en programmation mais nul besoin d’être un professionnel) de coder ses propres applications (mobiles ou web) intégrant la géoloc. Génial n’est ce pas ?

Sans rentrer dans les détails un API (Application Programming Interface) est une bibliothèque de programmation avec ses fonctions et autres classes, spécifique à un site. Un exemple relativement connu  est celui de Google maps, Google met à disposition un API qui vous permet de manipuler les données d’une carte (mettre un marqueur sur un lieu donné, tracer un itinéraire sur une carte…). Les avantages pour le développeur sont de disposer d’une bibliothèque préconstruite de fonctions, il n’a donc pas à réinventer la roue à chaque fois et ainsi de développer plus rapidement. Pour le site il s’agit de faire construire tout un écosystème d’applications par ses propres utilisateurs. L’exemple de Twitter est un des plus impressionnants, des milliers d’applications tierces gravitent autour du service de microbloging: les clients (seesmic, tweetdeck…), les analytics (Twitteranalyser), moteurs de recherche (tweetmeme), tout cela possibles uniquement grâce à l’API de Twitter. Sans cette porte d’entrée vers le service, l’adoption de Twitter ne serait probablement pas ce qu’elle est maintenant et pour certains sites proposer son API va devenir quasi vital.

Fermons la parenthèse sur le concept d’API et revenons-en à SimpleGeo et GeoApi. Là ou l’approche de ces sites est, je trouve, extrêmement pertinente est qu’ils proposent aux développeurs tous les outils nécessaires pour programmer leurs propres applications de géolocalisation. Il s’agit donc de boites à outils ouvrant des possibilités fabuleuses aux programmeurs professionnels et en herbes pour créer rapidement leurs sites sans devoir tout réinventer et redévelopper, abattant ainsi une barrière technique importante. Pas besoin d’une équipe de 10 ingénieurs et de millions de dollars pour débuter dans le monde de la géolocalisation. Enfin en plus de proposer leurs propres briques de bases (comment mettre un point sur une carte, faire des zones…) ils intègrent également des raccourcis vers les API des sites et réseaux sociaux déjà existant comme Foursquare ! Bref les possibilités et les perspectives de ces services sont tout simplement énormes. Le business modèle de GeoApi est en mode freemium, pour un certain volume d’utilisation de leur service (défini en nombre d’appels de l’API) le service est gratuit, au-delà vous payez votre consommation suivant son importance. La limite gratuite de 20 000 appels/jours permet déjà de lancer et tester son application tranquillement.

Ce potentiel énorme a vite été repéré par les investisseurs et autres acteurs de la Silicon Valley. Ainsi la société Mixer Labs à l’origine de GeoApi vient d’être rachetée par Twitter (montant non révélé) afin de compléter sa propre API. Quand à SimpleGeo il vient de boucler un tour de table d’un million et demi de $ avec des investisseurs très prestigieux comme Kevin Rose (fondateur de digg), Chris Sacca (google, Obama  :-) ) , Joshua Schachter (fondateur delicious) etc…

2010 sera géolocalisé ou ne le sera pas, en tout cas entre des applications déjà fun (comme foursquare et gowalla), les mastodontes qui s’y mettent (Twitter, Facebook) et SimpleGeo/ GeoApi qui offrent aux développeurs des possibilités fantastiques pour mettre en œuvre simplement leur créativité, l’année 2010 sera tout simplement passionnante !

geoapi

actuellement le service est ouvert, en attendant l’intégration dans Twitter il est toujours possible de demander une clef API afin de mettre les mains dans le cambouis   et construire votre propre appli.

simplegeo

A cette date (06 janvier 2010) SimpleGeo est encore en bêta privée, vous pouvez découvrir les caractéristiques qui seront proposées, sur cette page.

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Charte des commentaires
  • Florent

    Bonjour Clément,

    Je ne comprend pas bien le concept de ces startups qui sont financées à coups de millions (location labs (25.8M$), GeoSimple (8.14M$), GeoApi racheté par Twitter). Ou est la valeur ajoutée ? Sachant que pour un développeur iPhone, Android ou Blackerry il est possible de recupérer la latitude et longitude de l'utilisateur et l'”updater” en tache de fond…
    Ils ont mis au point un algorythme basé sur la puce GPS, capable de réduire la consommation d'energie de ce type d'applications (GPS gourmant)?

    Les applications de rencontres géolocalisées utilisent déjà un système de géolocalisation passive si je ne me trompe pas.

    Si tu as des réponses je suis preneur !

  • clemnt

    en fait leurs propositions de valeurs sont multiples:

    1 faire sens des données. Ces services fournissent tout un tas d'informations concernant le contexte de ta donnée de géolocalisation brute. Le développeur ne récupère que les coordonnées géographiques d'un utilisateur latitude XXXX et longitude YYYY. Comment savoir à quel pays, quelle ville, quel magasin cela correspond ce jeu de coordonnées? Deux solutions tu as ta propre base de données pour comparer chaque coordonnées et ainsi trouver ces infos, soit tu utilises un service comme SimpleGeo qui a en stock des millions d'adresses et pourra alors à partir de long/lat te renseigner toutes les informations liées à ce point: pays, ville, magasin mais aussi la météo, la monnaie utilisée, la situation politique de la région etc… Que tu n'as pas à agréger toi même.

    2 la géolocalisation demande un stockage de données particuliers qu'il est difficile et délicat de mettre à l'échelle (si tu traites de grandes quantités d'infos), ces services s'occupent de cet aspect stockage.

    3 les bibliothèques de fonctionnalités pour ne pas avoir à réinventer la roue à chaque fois: fonctions pour du geofencing, de reverse geocode etc… de bons raccourcis pour les développeurs.

    En gros ils facilitent le développement et gère les infrastructures de stockage des services de geoloc.

    J'espère avoir pu t'apporter quelques éléments de réponse.

  • Florent

    Merci pour ces informations, aprés quelques recherches j'ai en effet compris que ces sociétés permettaient le stockage sur leur serveur et qu'on y accédait par de nos clients (API). Je pense qu'elles misent sur le fait que les applications de géolocalisation passive vont se multiplier dans un avenir proche, elles feront payer les créateurs de l'app par query dans leur DB. Quand on voit le prix de la query: http://www.geoapi.com/pricing.html, on comprend pourquoi des grands noms investissent dans ces startups.

    Mais si une application implémente son propre serveur, il est assez aisé pour un développeur de récréer un service equivalent.