La recherche sociale et locale sur mobile. Part1.

Posted on February 3, 2010 by

mobilesearch

[Cet article est le premier d’une série de 3 posts ayant pour sujet la recherche locale et sociale sur le mobile. Ce premier article présente les différents acteurs et les évolutions d’usages. Le second article sera centré sur des exemples concrets d’impacts de la recherche sociale et nous finirons sur les perspectives et opportunités dans le dernier post.]

J’aimerai dans cet article parler d’une tendance sur laquelle on peut parier, sans trop de risque, qu’elle ira en s’accélérant dans les prochains mois, à savoir la recherche locale sociale sur mobile, en anglais la « mobile local social search ». Lorsqu’un internaute recherche un restaurant, un magasin, des commerces de proximités ou même pour des services, ses options reposent principalement sur les services de renseignements (les pages jaunes), les sites d’avis de consommateurs (CityVox) et enfin les réseaux sociaux où l’on se partage les bonnes adresses avec ses amis.

Ces trois démarches sont assez éclatées mais on assiste à une période ou la fameuse convergence va encore frapper (tout converge ma parole) et la recherche n’y échappera pas. En effet de plus en plus de services proposent et proposeront de trouver le magasin, le bar, le concert le plus proche de vous mais surtout qui convient le mieux à vos attentes et votre profil. Ainsi si vous cherchez une pizzeria ce ne sera pas forcément celle située en bas de chez vous qui sera automatiquement remontée mais celle dont les avis de consommateurs, vous ressemblant,  ou de votre réseau, sont les plus positifs. Enfin la dernière différence avec la recherche traditionnelle sera le rapport entre l’enseigne et vous. On va passer d’un âge ou l’influence du commerçant est plutôt « passive » (pub classique indifférenciée) à une période où son action pourra être beaucoup plus active et ciblée (nous le verrons surtout dans le second article). Et cela ouvre énormément de perspectives pour les clients, les services et les enseignes… Une étude prédit d’ailleurs:

  • dés 2010, le mobile constituera le moteur principal du local search
  • horizon 2013 ce marché représentera 130 millions de $
  • horizon 2013 les recherches de services de proximités sur mobile représenteront 35% toutes recherches confondues!

Avant de voir un panorama de ces différents acteurs citons en tout de suite les plus importants : Yelp, Citysearch qui sans surprise font du téléphone mobile votre nouveau centre d’opération. La recherche locale et sociale sur mobile peut enfin arriver grâce à la maturité de plusieurs facteurs:

  • Technologique : les terminaux mobiles sont enfin adaptés à la navigation sur internet, les débits suffisants pour surfer tranquillement et les prix des forfaits abordables. Lorsque l’on parle de « local » la géolocalisation est primordiale, avec la généralisation des GPS sur les smartphone on y arrive.
  • Les utilisateurs : les gens s’habituent de plus en plus à surfer via leur mobile, utiliser le GPS pour se diriger et dernier point les réseaux sociaux font maintenant partis de leur vie quotidienne.
  • Les entreprises : troisième variable de l’équation les marques et entreprises deviennent elles aussi de plus en plus conscientes de l’importance des réseaux sociaux et de la personnalisation des services. Communiquer avec un client n’a jamais été aussi facile et n’a jamais couté aussi peu cher, de l’importance d’engager avec sa communauté d’utilisateurs.

Dans la suite de l’article je vais présenter les services de cet écosystème nous aurons ainsi une idée plus claire des différentes briques constituant ce nouvel eldorado.

1 les Web Users Reviews, les recommandations consommateurs web

Les annuaires d’adresses mais notées et commentées par les internautes. Si je vous dis CityVox cela « tiltera » probablement, leur principe est simple : les commerçants rajoutent leur adresse avec un descriptif, des photos, le menu… et comme tout bon site collaboratif les clients de ces lieux viennent les noter et donner leur avis. Ils peuvent également consulter les recommandations des autres internautes afin de découvrir les meilleurs restaurants, bars…

Il s’agit du premier modèle de recommandations « 2.0 » après les forums d’avis. Les bases sont posées avec les commentaires, les notations et les fiches vitrines des enseignes.

2 Mobile Users Reviews : annuaires de recommandations sur mobile.

La seconde itération du modèle recommandation se fait plus sociale mais surtout mobile. L’énorme différence est que l’on peut consulter et noter/commenter directement via son mobile. Une des limites du modèle 100% web était son manque de flexibilité, avant de sortir il fallait consulter et parcourir le site alors que grâce à ces applications et l’utilisation du GPS la liste des meilleures adresses s’affiche sans devoir fastidieusement rentrer sa position à la main. De plus quelques uns de ces services intègrent l’aspect social des amis, pratique pour de la recommandation personnelle, puisque rien ne vaut l’avis de ses amis (en termes de sorties et d’adresses du moins…).

Le principe est donc simple : vous êtes à un endroit que vous ne connaissez pas particulièrement, vous cherchez un bar sympa pour boire un verre, il vous suffit de dégainer votre smartphone, de lancer l’application qui avec la géolocalisation est à même d’afficher les adresses correspondantes situées à proximité, ne vous reste plus qu’à sélectionner la mieux notée. La phase de notation est également simplifiée, la propreté du lieu laisse à désirer ou au contraire les plats sont délicieux et pas chers en deux coups de cuillère à pot vous enregistrez votre critique en ligne.

C’est donc une révolution d’usage plus que de principe ou de fond, le mobile apporte :

  • La géolocalisation, les adresses s’adaptent directement à votre lieu actuel.
  • La rapidité, la spontanéité, tout se fait en quelques clicks, plus besoin d’être chez soi pour écrire sa critique.
  • L’intégration aux réseaux sociaux avec en général Facebook connect ou Twitter qui informent votre réseau lorsque vous postez une review.

Pour illustrer ce type d’applications prenons Dismoiou qui est non seulement française mais en plus vraiment sympa.

dismoiou1

Voici la page qui s’affiche lorsque vous lancez l’application, après vous avoir demandé l’autorisation de vous géolocaliser un menu déroulant propose les différentes adresses à proximité. Sélectionnons les Restaurants.

dismoiou2

Automatiquement la liste des restaurants proches apparait, en revanche il n’y a pas de filtres par distance ou avis. Le classement doit être calculé avec un mix de la distance et du nombre d’avis. Ex Divina Café classé plus haut que le Pizza Lo Tauro avec pourtant moins d’avis mais avec une notation similaire et surtout plus proche.

dismoiou3

Chaque adresse possède sa fiche d’identité et les avis clients pour se faire une idée plus précise de sa destination.  De même c’est à partir d’ici que vous pouvez écrire votre recommandation via le bouton “as-tu aimé” en haut à droite.

dismoiou4

Très pratique aussi pour envoyer l’adresse à ses amis et appeler directement le restaurant pour une réservation.

Partie communautaire

Enfin l’onglet “Actualités” donne accès à l’actualité de ses amis puisqu’il est possible de s’envoyer des messages du style “je suis dans tel restaurant qui veut se joindre à nous?”, et ainsi communiquer avec ses amis.

Ce type d’applications se positionne clairement en tant qu’annuaires communautaires de recommandations, l’aspect réseau social est beaucoup moins développé. L’avantage est d’avoir énormément d’adresses et de recommandations, le désavantage est que les avis proviennent de personnes n’ayant pas forcément les mêmes goûts (certains avis assassins proviennent clairement soit de concurrents soit de personnes de mauvaise foi…).

3 « Check-in » based social network

Cette catégorie d’applications repose sur les mêmes fondamentaux que celle précédemment citée à savoir la géolocalisation, le partage de son lieu actuel et de ses bonnes adresses mais diffère en plusieurs points qui bouleversent la donne au final.

Tout d’abord la portée du réseau, il s’agit de réseaux sociaux «semi-ouverts » vous pouvez décider  de rendre accessible vos données uniquement à vos amis. Deuxièmement le Check-In, le principe de ces réseaux repose entièrement sur l’action d’appuyer sur un bouton Check-In lorsque vous vous trouvez dans un endroit. Exemple vous êtes dans votre bar préféré, vous lancez l’appli, elle vous géolocalise, vous sélectionnez dans la liste des adresses proposées celle correspondante et vous appuyez simplement sur check-in (optionnellement un message et avec qui vous y êtes) ! Pas d’avis ou de notation à faire ! Où est alors l’intérêt de dire où on se trouve si on n’y joint pas d’avis ? Et bien la « compensation » et que chaque Check-in vous rapporte des points permettant de monter dans le classement de vos amis mais aussi de devenir le « maire » d’une adresse en étant l’utilisateur avec le plus de points. De plus l’historique de vos Check-In est précieusement conservé sur votre profil.

Autre précision pour vos adresses favorites il est possible d’y ajouter un conseil, par exemple « teste la tarte à la banane, un délice » et dés que l’un de vos amis y check, ce message s’affichera. La recommandation devient vraiment personnalisée et surtout provenant de son réseau, là où elle la plus pertinente. D’autres mécanismes issus des jeux (badges… voir cet article pour plus de précisions) rendent l’utilisation de ces services ludique et plus uniquement « fonctionnel ».

Ces changements n’ont l’air de rien et pourtant c’est un monde et des perspectives complètements différentes qui s’ouvrent, non seulement aux utilisateurs mais également aux commerces de proximités.

  • L’aspect « points » et jeu apportent de la stickiness à ces services, le fait de gagner des points à chaque signalement incite l’utilisateur à justement se signaler ! En effet sur les guides de sorties comme Dismoiou et CityVox une fois que vous avez écrit votre avis vous n’avez pas d’intérêts à vous signaler la prochaine fois que vous y viendrez.
  • Les recommandations se font par votre réseau direct et non par des inconnus dont les goûts diffèrent probablement complètement des vôtres.
  • Les recommandations se font par plusieurs biais, les messages personnalisés mais également le nombre de fois ou votre ami(e) s’est signalé. S’il a checké dix fois dans ce restaurant c’est qu’il doit être bon !
  • Les perspectives pour les commerçants et clients sont énormes, une enseigne pourra proposer des promotions et du couponning personnalisé puisque les visites sont mesurables !! (Nous en parlerons plus en détails dans l’article suivant).

[edit] On m’a envoyé un petit message me demandant la différence entre le Check-In et le fait d’envoyer un message sur un réseau comme Dismoiou (le “dis moi où tu es”). Pour moi les deux mécanisme sont assez différents car dans le cas du message il s’agit de communication, on envoie un message pour demander de nous rejoindre etc… et dans le cas du Check-In il s’agit juste d’une “action” avec un message implicite. Par exemple avec le système de points si je fais la queue pour prendre un café à emporter au Starbuck Coffee et bien j’aurai tendance à Checker mais pas forcément à le signaler sur mon Facebook, Twitter et dismoiou. Et cela s’applique à toutes les petites actions de la vie quotidienne multipliant les opportunités d’interactions et ouvrant d’autres possibilités que nous verrons dans le second article.

Avant de conclure voici un petit aperçu de Foursquare:

Foursquare1

Comme nous l’avons expliqué une des grosses différences vient du coté réseau social plus prononcé. Cela s’observe directement par le flux des sorties de ses amis, nous donnant un aperçu de leurs lieux d’activités.

Foursquare2

Deuxième différence les recommandations sont plus basées sur les “conseils”, consultez les trucs et astuces de votre zone pour trouver une adresse sympa. Dans Foursquare il n’y a pas de système de notation mais simplement des conseils.

Foursquare4

Foursquare3

Le classement et les badges rendent l’utilisation ludique et surtout incitent les membres à se signaler à chaque fois qu’ils fréquentent un lieu affectionné.

En conclusion je dirai que l’on se trouve à un tournant pour ces réseaux, le succès (pour l’instant surtout d’estime) de Foursquare, un des précurseurs du Check-In, montre que ce système à la capacité de changer la donne. Yelp (qui a refusé une offre de 500 millions d’€ de rachat par Google pour vous situer…), Citysearch ou encore Loopt ne s’y sont pas trompés et passent tous du modèle « avis-recommandations » au modèle « Check in ».

Auparavant on pouvait simplement indiquer ou l’on se trouvait en Twittant ou en mettant à jour son statut Facebook avec son lieu mais cette donnée n’a pas de véritable « valeur » car inquantifiable. Avec le Check In votre réseau sait que vous étiez à tel endroit (enregistré en base de donnée), quand et pour la combien éme fois. Vos mises à jour ont de la valeur aux yeux des annonceurs, des enseignes et vous pourrez en contre partie tirer des bénéfices comme des coupons de réduction et autres promotions. Le « status update » cher à Twitter et Facebook prend une autre dimension. Tout comme la recherche qui peut s’appuyer sur des données solides et quantifiables, la recherche sociale passe par là. Et c’est ce que nous allons voir dans le prochain article dés demain. Lien vers la seconde partie.

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Charte des commentaires
  • lionelmyszka

    Très intéressant. Merci!

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    très bon article !

  • http://twitter.com/clemnt clemnt

    merci!