Panel Google I/O: freemium et applications mobiles

Posted on May 24, 2010 by clement

Je suis tombé sur cet excellent article  (Gigaom: Never charge for a mobile app) qui nous résume un des panels qui s’est tenu lors du Google I/O la semaine dernière, le moindre que l’on puisse dire est qu’après lecture de ce compte rendu j’étais frustré de ne pas avoir vu ce panel! (je n’ai pas trouvé la vidéo non plus sur la chaîne google I/O de youtube…). Intitulé “Making freemium work, converting free users to paying customers” le débat portait sur la pertinence du modèle “freemium” pour les applications mobiles. Les participants, des VCs (Dave McClure, Jeff Clavier, Joe Kraus), étaient apparemment tous d’accord pour dire que ce modèle (très répandu dans les appstores) n’était plus le plus pertinent et qu’en terme de monétisation il était plus intéressant d’adopter d’autres modèles économique comme l’abonnement, les biens virtuels et l’upgrade in-App.

Rapide rappel:

  • Freemium: modèle économique où l’on offre l’application bridée (fonctionnalités, usages, nombres d’utilisateurs etc… limités) gratuitement et la version complète (premium) est quant à elle payante. Exemples: bon nombre d’applications avec une version “lite” bridée et la version full payante (eg: application ratp).
  • Abonnement: il faut payer un abonnement (/mois, /an etc…) pour bénéficier de tous les services. Exemple l’application du Washington post qui facture 1.99$/an pour accéder aux articles.
  • Biens virtuels, upgrade in-app: l’application est gratuite et fonctionnelle mais si vous désirez ajouter du contenu ou personnaliser votre app il est nécessaire de payer au coup par coup. Exemple: Tap Tap Revenge, jeu musical gratuit, pour jouer sur vos chansons préférées, autres que celles proposées dans la version gratuite, il faudra acheter chaque pack de chansons, ou encore des biens virtuels (vêtements, instruments) pour personnaliser votre avatar.

Voici le résumé des principaux points soulevés dans l’article:

  • L’avantage de ces modèles? Tout simplement la récurrence des revenus générés par l’utilisateur:

“You never want a customer to be a single-instance experience.” “Now that you have the ability to charge in-app you really want to do your math, recurring revenue will make you way more than $4.99″

  • Si vous faîtes du Freemium, sachez pourquoi vous le faîtes. Il existe trois raisons principales (selon McClure) de faire du Freemium: 1- permettre à l’utilisateur de connaître votre produit, 2- profiter du “potentiel” effet viral de ce modèle de distribution, 3- augmenter la valeur de votre produit par le fait que beaucoup de personnes l’utilisent (masse critique). Choisissez votre raison et construisez votre service autour.
  • N’oubliez pas le business model, et testez-le dés la bêta de votre app (Kraus).
  • Si vous faîtes du Freemium visez un GROS marché, d’après l’expérience de Kraus (investisseur chez Google), entre 3% et 5% des utilisateurs passent au payant, il y a intérêt à ce que le gâteau soit énorme dés le départ…
  • le Freemium peut vous “cacher” votre véritable monétisation. L’exemple donné est celui de FeedBurner (RSS) qui sur 100 000 users avait 2000 clients premium, mais la véritable valeur reposait dans les pubs intégrées au RSS, après le rachat par Google de l’entreprise finito le modèle freemium.

Mon avis perso: je pense aussi que le modèle freemium dans les apps mobiles est assez “casse gueule”, dans le sens où il s’agit d’un modèle très, très répandu mais qui ne tire pas tout le potentiel de certains concepts. Après il ne faut pas oublier que la possibilité de faire des achats in-app (biens virtuels notamment) via des apps gratuites est relativement récente sur l’appstore (depuis octobre 2009). Cela dépend également de la volonté de l’éditeur: lancer une app en visant simplement du court terme, faire juste “un coup”, avoir une app à durée de vie limitée etc… mais aussi du comportement des acheteurs et du domaine de l’app… les trois modèles exposés plus haut ne sont pas forcément pertinents dans tous les cas. Enfin pas mal d’applications proposant du freemium monétisent leur app gratuite par de la pub (version payante sans pub par ex), il faut donc voir où se situe le point d’équilibre pour basculer d’un modèle à un autre.

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