Le futur (proche) des applications géolocalisées

Posted on June 7, 2010 by

Comme nous l’avons vu au travers de nombreux exemples sur ce blog, la géolocalisation sur mobile offre une panoplie d’usages extrêmement variés et la force de la mobilité couplée à la géoloc est de vous apporter, sans effort, des informations contextuelles (de préférence pertinentes). Exemple quand vous vous signalez à un endroit, une appli peut vous indiquer les bonnes adresses aux alentours, si certains de vos amis ont checké non loin, des promotions etc… sans avoir à aller tout chercher vous même “à la main”. un point sur les modèles de géoloc et le futur.

Checkin, géoloc passive et geofencing

Actuellement le modèle le plus répandu pour un utilisateur au niveau géolocalisation reste d’ouvrir son application et d’accepter d’envoyer ses coordonnées, à chaque fois qu’il en a besoin, il doit donc de façon active dire “je me trouve ici, s’il vous plait, envoyez  moi les informations que je recherche (ou transmettez mes infos)”. Le domaine des réseaux sociaux géolocalisés n’y coupe pas, la principale façon d’interagir avec son réseau reste le checkin pour Foursquare, Gowalla, Plyce, ou encore d’envoyer un tweet géoloc sur Twitter, d’ouvrir Dismoiou et de chercher une adresse etc…

A l’inverse il existe des services comme Google Latitude qui sont complètement passifs, il vous suffit d’activer Latitude et il enregistre en permanence vos déplacements sans que vous ayez à interagir une seule fois avec l’application. Toutes vos données géographiques sont enregistrées et disponibles automatiquement à votre réseau. L’avantage est donc la grande facilité d’utilisation. Autant le checkin est parfois pénible car il faut avoir le réflexe (pas évident) de sortir son portable, lancer l’application et se signaler (checker) à chacune de ses sorties, autant un  système comme latitude libère l’utilisateur de la contrainte du checkin. En revanche le check in est beaucoup plus “sur” car vous contrôlez explicitement les lieux dans lesquels vous vous signalez, vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous même (pfiou beaucoup de “vous” dans cette phrase) si jamais 4 checkins dans 4 bars différents en une seule nuit apparaissent sur votre historique.

Le checkin est plus répandu dans les réseaux sociaux géoloc non seulement pour une question de confiance, d’éducation de l’utilisateur (les gens ne sont pas encore prêts à de la géoloc 100% passive) mais également pour une raison de limitation technique puisque l’iPhone d’Apple ne permet, pour le moment, tout simplement pas la géolocalisation passive du propriétaire du terminal. C’est pour cette raison que de nombreux réseaux ont aussi implémenté le checkin, car il s’agissait d’une solution simple pour demander à l’utilisateur de se signaler géographiquement. Mais grande nouvelle, avec l’annonce il y a quelques semaines de l’iPhone OS4 la géolocalisation deviendra disponible en tant que “tache de fond”. Concrètement cela signifie que même lorsqu’une application, intégrant de la géoloc, sera fermée elle pourra toujours accéder à votre position et en temps réel, se réveiller et interagir avec vous dans certaines situations. Ne vous inquiétez pas puisqu’il sera bien sur possible “d’éteindre” cette fonctionnalité. Un service du type Google Latitude qui n’était pas possible sur iPhone le deviendra dés la sortie de l’OS4. Petite note en bas de page, deux autres fonctionnalités très intéressantes sont également dispo en tache de fond: la musique et la voip. Il sera donc possible d’utiliser skype ou d’écouter une radio tout en lançant d’autres applications!

Ce n’est pas pour autant que tout va basculer vers la géoloc passive, celle-ci implique de nombreuses problématiques et les utilisateurs s’en méfient grandement. C’est pour cela que de plus en plus d’acteurs pensent et réfléchissent à un modèle hybride qui utiliserait en partie la possibilité de contrôler ses signalements et en partie la détection automatique. Ce modèle intégrerait le principe du geofencing: “les clôtures géographiques”. Le principe est simple, il s’agit de définir des zones géographiques dans lesquelles vous acceptez d’être géolocalisé et de recevoir des données automatiquement. Ainsi dés que vous entrez ou sortez dans zone prédéfinie, l’application le sait. Le geofencing n’est pas un concept nouveau puisqu’il est notamment utilisé dans des services de surveillance pour enfants, dés qu’ils sortent d’une zone (par exemple leur école) les parents en sont informés, ou encore pour les véhicules de chantier afin de contrôler l’heure d’entrée et de sortie sur les zones de travaux etc…

Au niveau des réseaux sociaux son intégration permettrait de donner plus de flexibilité à l’utilisateur tout en lui gardant un contrôle sur ses données géographiques. Par exemple on peut imaginer qu’il faille toujours checker explicitement dans un nouvel endroit mais pour tous les lieux dans lesquels vous vous êtes déjà signalé, ceux-ci deviendraient des zones “geofence” et si vous y entrez le checkin est automatique, soulageant grandement la nécessité d’utiliser son portable.

Pour résumer, on a deux modèles actuellement implémentés: le checkin et la géoloc passive et un modèle en devenir avec le nouvel iPhone OS celui du geofence:

  • le Checkin (foursquare, Gowalla…): l’utilisateur doit se signaler explicitement en sortant son portable, lancer l’app, et appuyer sur Check-in. L’avantage? la confiance de l’utilisateur, mais aussi le fait qu’il doive interagir (donc ouvrir) l’application. L’inconvénient? très contraignant à utiliser ( acquisition d’un réflexe pas évident).
  • la géolocalisation passive (Google latitude): l’utilisateur de se faire géolocaliser en permanence et automatiquement, il n’a plus à se soucier de checker pour se signaler à son réseau. L’avantage? la grande facilité d’utilisation. L’inconvénient? la gestion des données personnelles, mais également le fait que l’utilisateur oublie au final d’interagir avec l’app. Une grande partie des membres de Latitude ne savent même plus qu’ils utilisent le service.
  • le geofence: une solution hybride, en choisissant ses zones de géoloc passive l’utilisateur gagne énormément en flexibilité et en potentiel de push d’infos contextuelles et reste à l’abri d’une signalisation continue et non contrôlée. L’avantage? une situation de transition entre les deux modèles cités. L’inconvénient? Pas facile à mettre en place.

L’exemple du geofencing pour les campagnes sms

Le geofencing est déjà utilisé, par exemple, dans des campagnes de promotion sms, nous allons voir ensemble l’exemple de North Face, marque d’équipements “Outdoor” (vestes, chaussures de randonnées…). Cet article du New York Times nous décrit cette campagne.

North Face, dans le cadre d’une campagne de promotion de ses magasins, a lancé, en partenariat avec Placecast, un canal de communication basé sur les sms. Les clients (en opt-in, donc volontaires) reçoivent des sms dés qu’ils se trouvent dans un rayon proche d’un magasin ou dans d’autres zones définies par la marque (stations de ski, zones de départ de randonnées).

It uses a practice called geo-fencing, which draws a virtual perimeter around a particular location. When someone steps into the geo-fenced area, a text message is sent, but only if consumers have opted in to receive messages.

Les sms délivrés ne sont pas de bêtes pubs mais de véritables messages à valeur ajoutée pour le client:

  • l’actualité du monde outdoor.
  • les prévisions et alertes météo.
  • des infos sur les lieux de randonnées etc…

Ils distinguent bien les messages informatifs des messages “call to action” comme des coupons ou l’annonce de l’arrivée de la nouvelle collection.

“We like things that people opt in to and that aren’t going to be perceived as being intrusive, where we’re bringing something to the table. All of our highly brand-conscious clients were reluctant about text messaging because there was not as much of an engagement or sexiness to it, but here, when you have such relevance, it connects to a person’s passions”

Cet autre article de Venture Beat nous montre également que le téléphone reste un objet très personnel qui nous accompagne partout. La communication avec les clients est donc très délicate et le service doit apporter une vraie plus value, une véritable utilité et non pas simplement de la pub directe perçue comme du spam:

The last thing people want is somebody calling them, trying to sell something. The second-last is getting a text message trying to sell them something. Geofencing should always provide a service, not an ad. Sparse and high-quality, it must give people something they need or want, and are actively seeking.”

Quelques exemples concrets d’intégration dans les réseaux sociaux

Je finirai avec une liste d’exemples concrets afin d’illustrer les nouveaux usages sympathiques qui vont arriver grâce au geofencing:

  • les to-do list géoloc: vous rentrez votre liste de courses et dés que vous passez à proximité d’un supermarché l’application vous le rappelle automatiquement et envoie en plus la liste d’achats.
  • plus besoin d’ouvrir votre application pour savoir si des amis sont proches, dés que vous vous trouvez dans la même zone vous êtes prévenus.
  • autocheckin aux endroits où on s’est déjà signalé, où on est maire etc… on peut rajouter toutes les conditions voulues.
  • autocheckin sur les parcours et autres trips qu’on suit (sur Gowalla) avec push de données.
  • on sélectionne dans son profil toutes les zones de geofence pour lesquelles on désire recevoir de l’info. Ex: je ne veux recevoir que les infos des lieux culturels: musées, expositions, salles de concerts etc…
  • etc…

Concernant ce sujet je vous conseille la lecture des articles suivant:

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Charte des commentaires
  • http://narominded.blogspot.com Genaro

    Excellent article de synthèse sur la géolocalisation. Merci !

  • clemnt

    c'est moi qui vous remercie pour votre commentaire.

  • http://marclebel.fr Marc LEBEL

    Très très bon article !! Peut-être aussi des badges réservés à ceux qui se géolocalisent passivement ? :)

    Sinon, plus sérieusement, on peut aussi imaginer comme applications :

    _ Sur la route : se faire prévenir d'accidents aux alentours, ou de la présence de radards ( peut-on imaginer un geofence sur une Autoroute ?? ). C'est plus du domaine de la sécurité que de la publicité disons.

    _ Domaine du jeu aussi je pense : dès qu'on rentre dans une zone, on vous préviens qu'un élément est à trouver/débloquer/défier

    Bref tout ça pour dire que c'est un domaine assez prometteurs, qui suscite beaucoup d'espoirs.

    Espérons que le public apprécie :)

  • Arthur

    La géolocalisation est vraiment une avancée technologique importante dans le monde des mobiles. Néanmoins, ce qui m'inquiète sur son développement c'est l'existence d'au moins deux risques auxquelles les applications en question devront faire attention.
    Le premier, comme l'écrit Clément Vouillon, l'aspect “flicage” de la géoloc (passive ou non) risque de bloquer bons nombres de personnes (même si on constate que beaucoup de gens prêtent peu d'importance à leur vie privée, sur facebook par exemple).
    Un deuxième qui me vient à l'esprit est que la quantité (et la qualité) des alertes que pourront recevoir les gens qui seront alors rapidement considérées comme du spam. Chose qui affaiblira rapidement le “capital sympathie” de l'application ou de son publicitaire.
    Je n'ai pas encore essayé les applications du genre, mais ca sera intéressant de voir comment elles répondent à ces problématiques.
    En tout cas, c'est comme toujours des articles réellement intéressants. Bravo !

  • clemnt

    tes scénarios sont carrément intéressants, au niveau du trafic voiture tu peux lire l'article de Scobble (dans la liste des ressources) qui imagine un peu ce cas de figure. De toute façon la géoloc passive va être énorme pour l'appli de navigation communautaire “Waze” qui pourra te prévenir à l'avance (géographique, pas temporelle :-) ) des accidents, bouchons et autres radars en temps réel!

  • clemnt

    comme tu dis, les gens vont être méfiants au départ, mais la différence par rapport à FB va être la valeur ajoutée des services géoloc. Le gps communautaire “géofencé” c'est le genre d'application à même d'être utilisée par les plus réticents, car il est fondamentalement “utile”. Bref wait and see!