Synthèse articles wired: entrepreneur at home. Part 1

Posted on June 15, 2010 by

Post un peu différent cette semaine puisque je vous livre une petite synthèse de trois articles issus de wired magazine. Trois articles tout simplement indispensables, sources d’inspiration inestimables pour les “entrepreneurs à la maison” wannabe. Let’s change the world!! Tout de suite la première partie.

Atoms are the new bits

Le premier article que je vous incite à lire est intitulé « Atoms are the new bits », écrit par Chris Anderson, et nous propose une plongée tout simplement passionnante dans le monde des « micro-industries », un phénomène récent qui a le potentiel de bouleverser notre façon de voir l’industrie traditionnelle.

Après la révolution technologique « virtuelle » qu’a permis internet (une start up c’est trois mecs avec des ordinateurs), c’est l’industrie elle-même qui connait de profonds changements, avec un courant similaire de démocratisation. Dés maintenant monsieur tout le monde peut créer et vendre ses propres produits « industriels », tout cela de chez lui derrière son ordinateur.  Comment ? En comblant les vides laissés par les grandes industries, en proposant des produits différents , loin du marché de masse proposé aux clients, en profitant de la nouvelle donne dans l’accès aux outils de création, de production et de distribution et enfin en communiquant sa passion aux communautés qui n’attendent que ça, disséminées à travers la planète.

Le premier très bel exemple que nous livre Chris Anderson est celui de Local Motors, la première entreprise open source à produire et livrer des voitures utilisables dans la « vraie vie ». L’exemple de Local Motors est frappant et montre à quel point le paysage industriel a, et va encore changer. Lancé par un serial entrepreneur, qui après avoir vu le concept du design de tee shirt “libre” a pensé l’appliquer au domaine de l’automobile, le modèle de ce nouveau constructeur est de créer et construire des voitures civiles en mode open source. En agrégeant une communauté de passionnés, le site leur laisse le soin de créer le design de la voiture, de la carrosserie aux éléments d’intérieur, et Local Motors s’occupe des éléments « critiques » liés à la sécurité et aux performances du véhicule (le châssis, la transmission, le moteur etc…). Tout cela sans posséder d’usine mais en utilisant uniquement internet, des logiciels de prototypage  et des éléments mécaniques déjà existants qu’ils personnalisent à leur sauce (par exemple le moteur est fourni par BMW et modifié par leurs soins). Pas de stock non plus puisque la marque ne produit une voiture qu’après paiement de la commande par le client, de plus ils lui envoient la voiture en « kit » à lui de l’assembler dans des garages spécialisés et avec l’aide de professionnels (mais c’est gratifiant de monter sa propre voiture !).

Local Motors n’a donc rien d’un géant industriel puisque la société compte à peine 10 employés (50 bientôt pour suivre le lancement de leur première voiture) a levé 7 millions de dollars, qui suffiront à atteindre la profitabilité, 5000 contributeurs pour le design open source (soit un ratio de 500 pour un employé) et a prévu de vendre entre 500 et 2000 de sa première voiture crowdsourcée.  Tout cela dans un local raisonnable, sans grosse usine ni stock à gérer.

Attention tout cela ne se fait pas d’un claquement de doigts et tout doit être réalisé de façon intelligente (par exemple la gestion de la communauté des participants), mais prouve qu’un produit industriel « lourd » (une voiture quand même) peut être produit par une micro entreprise (et surtout être viable).

Cette démocratisation a été rendu possible selon Chris Anderson par plusieurs facteurs :

Au niveau du prototypage, de la conception :

  • Outils de création par logiciels de plus en plus faciles à utiliser et performants, de moins en moins chers, voir gratuits avec par exemple SketchUp de Google.
  • Les imprimantes 3D dont le prix d’entrée est à 1000$ et qui permettent de créer des prototypes de pièces rapidement, depuis le fond de son garage (une imprimante 3D est une imprimante à « objets », en gros vous rentrez un modèle informatique et il en sort un objet 3D) afin de valider votre produit à moindre coût.
  • Les communautés de talents accessibles où qu’elles se trouvent dans le monde (merci internet).

Au niveau de la production :

  • Machines pour créer vos propres moules à prix abordables ( 4000$) que vous n’avez plus qu’à envoyer à des chaînes spécialisées qui s’occupent de produire des petites séries (quelques centaines à quelques milliers de pièces).
  • Pour de la production plus importante, le changement dans les usines chinoises. Avec la crise elles se tournent de plus en plus vers la production de petites séries mais de meilleure qualité, avec une marge plus importante pour elles, et surtout ouvertes à tout le monde. Pour trouver une usine, pas besoin de se déplacer en chine, tout peut se faire de chez soi via le site alibaba.com.

Au niveau de la distribution

  • Les réseaux sociaux qui permettent de trouver et communiquer avec des passionnés et des clients, où qu’ils se trouvent sur la planète.
  • Des réseaux de distribution spécialisés qui s’occupent de l’envoi et du stockage de vos produits.

Tous ces facteurs réunis rendent accessibles à tous la « virtual micro industry », vous pouvez vous concentrer sur la chose qui vous passionne : créer vos produits et communiquer avec vos clients. Bien sur, vous allez me rétorquer que l’exemple précédent n’était peut être pas vraiment à la portée de monsieur tout le monde. C’est là qu’intervient le second exemple de Chris Anderson : BrickArms.

BrickArms est un exemple tout aussi passionnant et incroyable. Le concept ? Un site vendant des pièces de Lego qui ne sont autres que des répliques d’armes ! Oui, oui vous avez bien entendu, des répliques d’armes : mitraillettes, fusils etc… L’histoire est assez représentative de la combinaison « vide non répondu par une marque» et « communauté de passionnés qui n’attendent que ça ». Le fondateur du site est un passionné de Lego, et comme beaucoup de ces passionnés il était frustré de ne pas pouvoir réaliser ses dioramas et autres scènes avec des répliques de véritables armes (AK 47…). La firme danoise Lego ne peut, pour des raisons évidentes « d’image » produire ce genre de pièces, du coup il a décidé de les créer et les vendre lui-même !

Son processus est assez simple :

  1. Il design ses pièces, pour qu’elles s’insèrent parfaitement dans les Lego, sous un logiciel de création 3D Solidworks.
  2. Il utilise un « taig 2018 » pour créer un moule à partir de son modèle 3D.
  3. Il crée une pièce prototype lui-même via une presse à main et son moule.
  4. Il présente sa pièce à la communauté, si celle si l’aime et est prête à l’acheter il envoie son moule à un spécialiste qui s’occupe de produire des petites séries (haute qualité) d’un petit millier de pièces.
  5. Il envoie lui-même ses commandes.

Certes on est loin d’un marché de millions de dollars, mais son fondateur est très heureux. Le site lui rapporte bien plus que ce qu’il gagnait en tant qu’ingénieur et lui permet de vivre de sa passion.

Je ne vous saurai que trop vous conseiller de lire cet article, véritable réservoir d’idées il permet de se rendre compte des opportunités qui attendent là sous notre nez et qui peuvent être réalisées sans devoir tout lâcher dans sa vie !

The Future Of Money

Le second article de notre triptyque “The Future Of Money” concerne un autre aspect très important de la vie d’un entrepreneur: les moyens de paiement pour ses services/produits. Intégrer des moyens de paiement pour facturer son service n’est pas une problématique anodine alors qu’elle devrait clairement l’être! Les principaux (pour ne pas dire tous) freins à des paiements fluides et faciles à implémenter sont les banques et les grands noms des cartes de crédit (VISA, Mastercard)… Les difficultés et aberrations se situent à deux moments:

  • lors de l’installation de votre solution de paiement en ligne: c’est long, au bon vouloir de votre banque, nécessite un tas de paperasse, des garanties demandées parfois hallucinantes et une fois installée c’est lent et peu flexible…
  • lors des paiements avec des commissions prélevées à tous les niveaux de la transaction: par votre banque (fixe +variable) et la compagnie de carte de crédit qui process (par exemple Mastercard a plus de 243 types de commissions différentes…). Et encore, si vous avez la malchance d’avoir un TPE (terminal de paiement) vous voyez en plus un troisième acteur (le fournisseur de TPE) se sucrer sur votre dos.

L’article de Wired nous annonce des changements à venir dans ce domaine, de nombreux entrepreneurs se lancent à l’assaut de ce bastion et veulent rendre la circulation de l’argent instantanée et sans friction. De gros acteurs web comme Paypal se réveillent également et donnent les clefs de l’innovation aux développeurs et entrepreneurs qui peuvent depuis novembre 2009 accéder à leur API pour construire de nouveaux services (exemple Twitpay pour payer par Tweet!).

  • Paypal qui multiplie les fonctionnalités pour simplifier les transferts d’argent (ex leur app iPhone).
  • Google et Amazon qui proposent des “shopping cart” qui gèrent la facturation et le paiement.
  • Apple et son Appstore qui permet de faire des achats et des abonnements au sein même des applications.
  • Facebook qui a annoncé un prochain lancement de sa monnaie virtuelle.
  • sur mobile: Square, qui remplace les terminaux de paiement et donne la possibilité aux particuliers d’accepter les cartes de crédit.

En utilisant les solutions existantes vous n’êtes déjà plus obligé de passer par les solutions propriétaires de nos chères banques, avec l’arrivée des monnaies virtuelles, du paiement mobile, et de nouveaux acteurs (sans 15 intermédiaires) la circulation de l’argent sera plus fluide et rapide. Décidément il sera encore plus facile de se concentrer sur son produit en tant que entrepreneur à la maison!

La suite demain avec la review du dernier article et notre conclusion.

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