Géolocalisation et maintenant?
Posted on September 9, 2010 by clement
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Aujourd’hui reprise des affaires avec un petit post bilan sur les services géolocalisés en cette rentrée, avec en première partie quelques réflexions sur la situation actuelle du marché et en second quelques remarques générales à l’issue de 8 mois de rencontres avec des porteurs de projet français sur ce secteur. Remarque avant de commencer: je parle ici des services sociaux de géolocalisation et non pas de la géoloc en générale.
Services sociaux géoloc: où en sommes nous?
Tout d’abord revenons sur ce qui s’est passé depuis le début de l’année. Cette période a été très intéréssante car complètement folle. Complètement folle avec chaque semaine le lancement d’un nouveau service, de nouvelles fonctionnalités testées, des idées marrantes d’autres plus sérieuses sortant quasi-quotidiennement. Clairement on sentait que tout le monde se lançait avec l’espérance de placer ses pions pour devenir l’acteur dominant de la géolocalisation sociale. Foursquare, Gowalla venant titiller et les acteurs en place comme yelp, en innovant grâce au check-in et en injectant un aspect ludique, gaming. De nombreuses jeunes pousses sont venues débroussailler le terrain de la géoloc sociale et ces services étaient clairement destinés aux early adopters et autres technophiles accrocs de nouveautés.
Je pense que cette phase d’euphorie commence à se calmer. Plusieurs facteurs explicatifs:
- l’arrivée des gros dans la danse: Facebook, Google
- un trop grand nombre d’acteurs pour les utilisateurs avec les mêmes propositions de valeur: (Foursquare, Plyce, Gowalla, Veniu, Loopt etc…)
- la nécessité pour les services en place de trouver un second souffle après l’effet de surprise qui se tasse.
- la nécessité pour ces services de trouver des business models pour générer du cash, et prouver que de véritables valeurs sont apportées aux utilisateurs au-delà de l’aspect gadget.
Quelques signes viennent confirmer ces tendances:
- Chez les nouveaux: Foursquare qui se détache clairement de ses concurrents (maintenant plus de 3 millions d’utilisateurs alors qu’ils étaient au coude à coude avec Gowalla il y a à peine quelques mois).
- Chez les anciens: la confirmation des services plus “old school” comme Yelp ou Qype, qui se différencient par leur focus sur la recommandation et la recherche d’adresses. Des valeurs plus “sures”.
- les premiers rachats, exemple récemment Hot potatoes par Facebook.
- les différents acteurs qui n’ont pas décollé et ne décolleront probablement jamais.
En conclusion de cette partie, j’ai l’impression que l’on va entamer une seconde période dans ce domaine. L’arrivée de Facebook a calmé pas mal d’acteurs, non pas qu’il ait écrasé la géoloc, mais tout le monde se demande comment elle va prendre sur le géant social. Comment se fera l’accueil de la géoloc par les membres? Facebook connaitra-t-il le succés et deviendra-t-il la plateforme de référence où plugger son service de géoloc? Faut il miser sur Foursquare? Reconstruire son propre réseau? Bref beaucoup d’interrogations et de prises de risques pour les différents acteurs dans leur quête de succès.
La problématique va également être de trouver les bons leviers pour passer d’un marché d’early adopters à un marché plus grand public. Egalement le positionnement par rapport aux différents acteurs: particuliers, commerces de proximité, les marques etc… Foursquare veut se positionner comme le programme de fidélité social des commerçants, SCVNGR se lance à fond dans le gaming, ShopKick joue la carte de la simplicité maximum pour le consommateur et le commerçant etc… Bref on bascule dans une seconde période plus pragmatique, pas encore grand public mais il y a clairement une transition.
Cela ne veut pas dire qu’il est trop tard pour sortir son service géoloc, mais dorénavant il faudra le faire avec pour stratégie de construire sur l’écosystème déjà en place, de se différencier plus fortement de la concurrence et de bien réfléchir aux risques de voir les acteurs en place sortir une fonctionnalité équivalente à la votre qui vous mettra par terre en deux minutes.
Quelques remarques pour les porteurs de projets fr
J’ai également eu l’énorme chance et opportunité de rencontrer de nombreux porteurs de projets français qui voulaient se lancer dans cette voie. Que ce soit via ce blog, par techcrunch fr ou les jurys de l’incubateur HEC j’ai pu constater que pas mal de projets tournent dans le milieu et après pas mal de discussions je vous donne les 5 points sur lesquels je pense qu’il faut s’appuyer:
- La géolocalisation (sociale) se dirige certainement vers un modèle de plateforme. Facebook, Google Places, Foursquare seront probablement les “hub” sur lesquels construire vos services. Corollaire: n’essayez pas d’obtenir ou de reconstruire le social graph de vos membres, il est trop tard, focalisez vous sur votre différenciation en terme d’expérience utilisateur.
- La géoloc n’est plus un aspect “coeur” mais est devenue une fonctionnalité. Présente partout elle ne se suffit plus à elle même. Le risque est de voir sur chaque secteur les gros acteurs historiques proposer la géoloc dans leurs applis. Exemple pour le couponing, les deals, de voir un groupon, un vente privée proposer leurs propres outils avec géoloc. Le dangers ne vient plus seulement des pure player.
- Faites sens de la géoloc. Probablement le point le plus important que je répète souvent. Touver ses amis, les prévenir de nos activités, gagner des badges et partager des recommandations ne sont plus plus suffisants. Le vrai défi maintenant est de faire sens des données qu’apporte la géoloc. J’essaierai de faire un post prochainement sur le sujet.
- Le mythe de la recommandation sociale entre amis. Combien de fois j’ai entendu comme argument “On fait plus confiance en ses amis pour se faire recommander un lieu de sortie”, oui, oui mais les problématiques de taille critique (mes amis ne sont pas des machines à recommandations, elle devient donc vite limitée) et les a priori des porteurs sur le sujet me laissent perplexe. A mon avis il faut vraiment penser “out of the box” et proposer non seulement un environnement complet de recommandation (moteur de reco, avis des autres utilisateurs, ligne éditoriale etc…) comme dismoiou par exemple, mais également innover et travailler sur les outils à dispo comme l’opengraph de Facebook.
- Couponing, commerçants et tableau de bords de gestion des réseaux sociaux géoloc. La aussi j’entends et je vois pas mal de projets qui se lancent sur ce domaine. Une des plus grosses promesses de la géoloc est de faire le lien entre le réel et le virtuel et d’apporter aux commerçants des outils de gestion de leur activité en ligne. Couponing, deals, programmes de fidélité etc… Il y a définitivement des choses à faire et à proposer mais encore une fois j’insiste, en se différenciant et en gardant en tête certains fondamentaux (exemple de véritables metrics: nombre de ventes générées, d’appels, de réservation etc…).
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