Ces outils de géoloc destinés aux commerçants

Posted on September 23, 2010 by

La géolocalisation est une tendance forte dans les réseaux sociaux grand public, ce qu’elle apporte est non seulement un lien entre les membres d’un même réseau (recommandations, partage de bons plans et de son lieu de sortie) mais également un lien entre nous, les particuliers, et les commerces locaux, de proximité. Une grosse partie des modèles de revenus de ces services est d’ailleurs basé sur les commerçants eux même. Recherche locale, promotions “intelligentes”, dialogue avec les clients, programmes de fidélité, beaucoup d’outils réservés aux marques importantes deviennent accessibles à ces plus petits acteurs.

Aujourd’hui nous nous intéresserons à quelques outils qui leurs sont dédiés:

  • cartes de fidélité virtuelles
  • récompense des clients
  • pub ciblée
  • tableaux de bord de gestion de sa présence sur ces réseaux

Placepop

Description: Placepop est un service de cartes de fidélité virtuelles destiné aux commerçants. D’un côté les commerçants peuvent créer leur carte de fidélité (remplaçant celle en carton où il donne un coup de tampon après chaque achat) et de l’autre les clients peuvent, via l’application, cumuler les cartes des commerces qui les proposent.

Fonctionnalités: Le service se présente sous la forme d’une application iPhone. Le commerçant peut créer sa carte en 5 minutes chrono et la proposer à ses clients qui devront télécharger l’application pour en bénéficier. Côté fonctionnalités la carte peut être “brandée” aux couleurs du commerce, un système de niveaux “bronzes, argent, or” permet de mesurer la fidélité des clients, au propriétaire du magasin de fixer les récompenses. Autre mécanisme qui devrait être implanté: l’achat en groupe. De façon similaire à Groupon, certains deal seront accessibles uniquement si un certain nombre de clients se porte acheteur.

Mon avis: la plus grosse problématique est bien sur la taille réseau critique à atteindre, et des deux côtés: clients et commerçants. Comment attirer assez de commerçants pour que les clients adoptent l’application et comment ne pas décevoir les clients avec un service trop pauvre en cartes de fidélité. Comme nous sommes loin du “self serve” côté des commerces il faudra un effort commercial/marketing/partenariat important pour son succès.

Wereward

Description: We reward est une application mobile qui récompense, sous forme d’argent, les utilisateurs qui checkin ou réalisent certaines tâches. Chaque checkin (il en existe plusieurs types: non vérifiés, vérifiés avec l’upload d’une photo etc…) donne un certain nombre de points à l’utilisateur. Chaque point vaut 0.01$, lorsque vous estimez avoir assez de points vous pouvez les convertir en $ qui seront crédités sur votre compte Paypal.

Fonctionnement. La mécanique de We Reward est originale puisque ce n’est pas le commerçant qui récompense directement le client mais bien le site qui paye suivant le nombre de points, mutualisant ainsi les efforts. Les sources de revenus sont multiples: via du sponsoring (exemple Domino’s pizza qui utilise cette plateforme dans ses magasins), par de la pub, par les marques (exemple une boisson qui récompense tous les clients qui prennent une photo d’eux en train de la boire) etc… Autre originalité le checkin verified. Pour éviter de cumuler les points en checkant tranquillement de chez soi, il est nécessaire d’uploader une photo de soi dans le magasin en train de consommer quelque chose. De plus vous devez obligatoirement linker un de vos comptes sociaux (Twitter, facebook ou Foursquare) pour que ces checkin apparaissent à votre réseau. Mais on n’a pas rien sans rien, n’est ce pas?

Mon avis: franchement l’approche est originale et surtout frontale. On checkin pour du cash, au moins le message est clair. Reste à voir comment se fait véritablement le partage de revenus entre le site et les clients, si le site arrive à en générer et si cela n’est pas trop dur pour les clients de gagner des points. Il y a un équilibre délicat à atteindre. La promesse de We Reward côté annonceurs est de payer à l’efficacité puisqu’ils ne distribuent des points que pour des photos vérifiées. Un modèle à surveiller même si en terme d’engagement utilisateur je ne sais pas si l’image est si bonne que ça (quels types de clients se retrouveront sur la plateforme?).

TappLocal

Description: Encore en bêta privée, Tapplocal adopte l’approche d’une régie pub hyper local. Le principe est simple: Tapplocal noue des partenariats avec des applications, réseaux sociaux géolocalisés et utilise le principe du geofencing pour avertir l’utilisateur des deals disponibles à proximité. Exemple, si je passe devant un restaurant qui a une promotion sur foursquare automatiquement je serai notifié pour en bénéficier.

Fonctionnement. Tapplocal se positionne donc comme la régie pub de la géoloc. La promesse pour les commerçants est de passer leur pub de façon pertinente (le client se trouve forcément proche) sur un réseau d’utilisateurs d’environ 1.5 million de membres cumulés (au travers des divers services partenaires). Autre promesse celle des ventes flash, puisque qu’il sera possible d’envoyer des promotions instantanées pour écouler sa marchandise.

SCVNGR

Description: j’avais parlé de SCVNGR ici sur le blog. Pour rappel il s’agit d’un service à l’origine B2B, destiné aux marques et universités qui leur permettait de construire leur propre chasse au trésor et challenges. SCVNGR s’est depuis étendu au B2C sur un modèle Foursquare puisque vous pouvez checker et réaliser des challenges dans les commerces de proximité.

Fonctionnement: Maintenant qu’il se positionne comme un Foursquare like, SCVNGR a également étendu son “éditeur” de challenges et chasses aux trésors à destination des commerces de proximité. Pour un prix débutant à 80$/mois, un commerçant aura accès à une plateforme via laquelle il pourra: construire ses propres challenges et récompenses (ex: faire un origami avec la feuille d’emballage et la prendre en photo pour gagner 5 points), accéder à un tableau de bord pour analyser l’activité des clients et enfin des outils pour promouvoir sa présence. Bref tout pour gérer son programme de fidélité social via le site. Pour le moment SCVNGR a lancé le programme avec plus de 200 commerçants dans quelques villes américaines.

Mon avis: l’approche de SCVNGR est commercialement très agressive puisqu’ils multiplient les partenariats de marques et entraînent dans la danse pas mal de commerçants. A la différence de Foursquare les possibilités de challenges à construire sont bien plus grandes que sur Foursquare et surtout bien plus engageantes que le seul checkin ou les badges.

PlacePunch

Description: PlacePunch est tableau de bord analytics qui permet à un commerçant de visualiser l’activité de ses clients sur les réseaux sociaux géoloc (Foursquare, Gowalla également Twitter) mais aussi de créer et gérer des récompenses pour les clients les plus fidèles.

Fonctionnalités: les fonctionnalités offertes sont celles d’une plateforme marketing destinée aux commerçants et marques. Vous pouvez ainsi visualiser le nombre de checkin par jour, segmenté par type de réseaux (Foursquare ou autres) mais également créer des récompenses après un nombre de checkin défini, et remercier automatiquement via Twitter les clients qui se signalent dans votre magasin.

Dans la même veine mais encore en Bêta il existe également Geotoko.

Ces domaines restent jeunes et on est loin d’un modèle “self serve” de la part des commerçants. Les barrières sont multiples: manque de connaissance de ces outils (même les “spécialistes” ne connaissent pas encore leur potentiel véritable: mode ou utilité réelle), manque de temps à consacrer à cette activité chronophage, des “metrics” de retour sur investissement peu évidents (comment savoir le nombre de ventes générés, d’acquisition clients etc…), un domaine pas encore grand public (tout le monde ne possède pas de smartphone ou utilise la géoloc), des interrogations encore réelles: les faux checkin, la valeur même d’un checkin etc… Bref le problème de l’oeuf et la poule: si beaucoup de commerçants proposent des offres intéressantes les gens s’y mettront, mais les commerçants s’y mettront si beaucoup de clients les utilisent également.

Il y a donc une vraie réflexion à avoir sur les modèles pour faire connaître ces outils et apprendre aux commerçants à les utiliser!

Related posts:

Charte des commentaires