Géolocalisation: après 2010 l’année des lieux, 2011 l’année des produits?
Posted on December 16, 2010 by clement
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L’internet mobile combiné aux smartphones rend possible de nouvelles interactions entre nos activités et identité virtuelles (réseaux sociaux) et nos activités et identité réelles. Sous l’influence d’applications mobiles sociales comme Foursquare, Dismoiou, Plyce, de recherche comme PagesJaunes ou d’e-commerçants comme Amazon ou eBay nous avons à disposition tout un ensemble de nouvelles interactions possibles avec nos lieux de sortie. Pensez au concept de maire d’un commerce, à celui des badges, des coupons promotionnels à afficher sur l’écran (Dismoiou), à la comparaison de prix en temps réel (eBay, Amazon) en magasin etc…
Notre relation et nos interactions avec les commerces, les magasins, les chaînes, évoluent petit à petit grâce au mobile mais ce changement reste pour le moment à l’échelle du “lieu”, la prochaine étape consistera probablement à l’intégration des produits vendus par ces commerçants dans la boucle. On descendra d’un cran, celui du magasin à celui des produits, et la consultation des informations les concernant.
De quelle intégration parle-t-on et de quelles informations?
Pour le moment les informations dont on dispose sur nos lieux de sortie restent d’ordre général: adresse, numéro de téléphone, type de commerce, gamme de prix, horaires d’ouvertures etc… Mais on ne dispose pas encore, ou très peu, d’informations liées aux produits qui y sont vendus: chaussures, vêtements, dvd, menu du restaurant etc…
Pour chaque commerçant on peut regrouper les informations utiles en deux catégories:
les informations “statiques”:
- les références produits: on sait par exemple que Sephora propose dans ses magasins tel parfum, que ce magasin de chaussures vend des nike air, que Darty a dans son catalogue tel type de chauffage électrique etc…
- les prix de base: chaque produit possède un prix de base (hors promotion) qui ne varie pas.
- les informations descriptives liées à chaque produit: dimensions, poids, capacité mémoire etc…, et les infos sociales: commentaires des clients, notation, tests, avis du commerçant etc…
Les informations “dynamiques”:
- le nombre de produits en stock en temps réel (reste-t-il des macBook pro 13” en stock dans ce magasin précis?)
- caractéristiques des produits encore en stock (la version rouge est-elle encore disponible?)
- promotions sur ces articles: ventes flash immédiates, promotions exceptionnelles etc…
je pense qu’il est important de faire une distinction entre les infos dynamiques et statiques car la grande difficulté sera de les récupérer pour les proposer à la consultation en temps réel aux usagers. Imaginez un magasin de vêtements, ils proposent en général une collection qui se renouvelle régulièrement. Mettre à jour ce catalogue produits se fera donc à intervalles réguliers, tous les mois, tous les 3 mois, rien d’insurmontable pour peu que le gérant ait des fichiers informatiques un peu propre. Le défi est tout autre quant à la gestion du stock en temps réel, la récupération de ces données est beaucoup plus délicate et problématique, autant pour les commerçants que les services de géolocalisation qui veulent les proposer.
Ces informations oui, mais pour quels usages?
Disposer en temps réel de ces informations ouvre de nombreuses possibilités très intéressantes, autant pour le client que pour le commerçant:
- comparateur de prix géolocalisé pour vous indiquer les prix que proposent les magasins à proximité pour un même produit.
- vérification de stock avant déplacement pour achat, avec pourquoi pas la possibilité de réserver le produit avant votre passage.
- achat direct en magasin. Imaginons que le produit ne soit pas disponible dans le magasin, alors vous pourrez directement, depuis l’application, le commander et vous le faire livrer sans passer par un vendeur.
- personnalisation de votre expérience d’achat. Vous avez acheté une xBox à la Fnac et le jeu Fifa 2009, lorsque vous entrerez à nouveau dans une des boutique et que Fifa 2010 sera sorti alors l’application vous en informera directement.
- gestion de ventes flash et de promotions immédiates
- etc. etc.
Quelles sont les approches actuelles pour récupérer ces données?
Plusieurs acteurs s’attaquent déjà au problème des produits, des stocks, des prix etc… et ce avec plusieurs angles d’attaque:
- A la Google Shopping. Google propose depuis peu, aux US, une option de recherche qui permet de trouver les revendeurs locaux du produit que je cherche, avec son prix, sa disponibilité etc… Après discussion lors du workshop Google (Leweb) l’équipe nous a expliqué que toutes les informations sur les produits et leur disponibilité étaient récupérées au cas par cas avec chaque grande enseigne et que le processus de mise en forme des données et la connexion entre les services Google et chaque chaîne de magasins prenait énormément de temps. Le résultat est donc parfait (vous savez en temps réel la disponibilité d’un produit), mais n’est pour l’instant possible qu’avec les grandes chaînes et demande beaucoup de temps pour la mise en place.
- A la geocompare. Cette application française de comparaison de prix sur les produits alimentaire, utilise une approche plutôt originale. Pour emplir sa base de données de prix elle crawl tout simplement les sites de livraison en ligne des principaux acteurs (intermarché, Leclerc etc…) et récupère ainsi les références produits.
- A la Fnac. La Fnac propose déjà la consultation de son catalogue en ligne et en plus de l’état des stocks dans ses magasins. Dans ce cas, c’est l’enseigne elle même qui a développé son propre outil. Fonctionnalité disponible dans son application mobile d’ailleurs.
Les approches sont donc (pour l’instant) de trois types:
- partenariats direct entre les magasins et l’application. Avantages: excellente qualité et exhaustivité des données (état des stocks en temps réel). Inconvénient: difficile et coûteux à mettre en place, c’est du cas par cas.
- récupération des données en crawlant le web (geocompare, ou redlaser le font). Avantage: plus rapide à mettre en place, plus scalable. Inconvénients: sujets aux changements des sites des commerçants, informations beaucoup moins sures etc…
- Interfaçage direct entre son logiciel de gestion de stock et son application mobile (Fnac).
- CMS pour les commerçants (qui entrent à la main les produits qu’ils veulent mettre en avant). Solution dirigée plutot vers les petits commerçants et pour de la vente flash ou du couponing. Ex: Dismoiou, mobiliville etc…
Les enjeux pour les mois à venir
On le voit au travers de ces exemples que le potentiel d’usages permis par le traitement de ces données est très important. Avant de penser à les utiliser il faudra tout d’abord récupérer ces données. Les enjeux sont multiples:
- trouver des modèles efficaces pour interfacer les données des commerçants avec les services web.
- arriver à un modèle scalable pour ne pas avoir à faire chaque opération magasin par magasin.
- comment résoudre le problème du temps réel, si crucial pour les stocks.
Bien sur il n’existe pas une seule réponse, chaque type de commerçant est à prendre en compte. Entre des acteurs importants comme la Fnac ou Nature et Découvertes qui proposent déjà leur catalogue en ligne et l’état des stocks dans chacun de leur magasin, et la quincaillerie au coin de votre rue il existe un fossé… Aux services et applications mobiles de trouver la meilleure approche possible!
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